Le Frelon Vert ou la passion du héros (dé)masqué

22 janvier 2011
By Catherine

Où serait le mérite, si les héros n’avaient jamais peur ? Alphonse Daudet, Extrait de Tartarin de Tarascon

Sitôt sorti, sitôt vu,  Le Frelon Vert (The Green Hornet) est avant tout une série… tin tin… radio!!! Et oui!! Avant d’être un comic book puis des films, la radio a été le berceau de ce héros très ordinaire. C’est sans doute pour cela que je l’affectionne particulièrement. On l’oublie trop souvent mais le monsieur Propre au masque vert est né le 31 janvier 1936 de l’imagination de George W. Trendle et Fran Striker pour WXYZ, station locale de Détroit (Michigan).

Depuis ses débuts radiophoniques, le Frelon Vert est apparu sur bien d’autres supports. Série télévisée, film grand écran, bande dessinée, l’homme-insecte a déployé ses ailes jusque dans les années 60. S’il connait quelques variations le fil.. vert est respecté. Britt Reid, successeur de son défunt père à la tête du Daily Sentinel, est l’alter ego diurne de celui qui agit vertement masqué la nuit en compagnie de son fidèle Kato, magicien en mécanique automobile et grand maître au combat. Comme la virilité se mesure aussi à la taille de la… voiture, le duo déambule dans la ville au volant de la « Black Beauty ».

Crédit image : autographsmovieposters.com

Crédit image : autographsmovieposters.com

La vie n’étant qu’un cycle sphérique, nous retrouvons aujourd’hui un intérêt pour ces personnages qui ont peuplé l’enfance… des générations antérieures.

Michel Gondry, réalisateur français ayant signé de belles productions américaines comme Eternal Sunshine of the Spotless Mind (une merveille sur la pérennité des sentiments amoureux malgré les aléas chaotiques ou comment retrouver l’origine de ses sentiments dans sa volonté de les effacer)… revenons à notre frelon…. Michel Gondry a commi(c)s son dernier film avec un frelon en guise de héros ordinaire. Enfant maltraité par un père veuf désireux d’endurcir son fils, le petit Britt deviendra, bien sûr, un jeune adulte déluré et immature vivant dans un rêve plus que dans la réalité. Au décès de son père, il hérite de l’entreprise familiale : un journal. Incapable de s’enraciner dans une quelconque activité dirigeante, il remettra les clés au fidèle bras droit de son père. C’est au cours d’une soirée folle que Britt se découvrira des envies de jouer les justiciers. Une envie de se venger de son père jugé égocentrique le conduit, lui et son acolyte, Kato, dans les rues d’une ville sombre pour commettre un délit… (teasing :) ). L’adresse de Kato au combat donnera des ailes à Britt, convaincu qu’il peut éradiquer le mal de la ville. Les nouveaux justiciers débarquent.

Nos deux compères sont traités par Gondry comme des héros parfois ridicules, vivant dans un imaginaire fertile qui les galvanise pourtant assez pour se lancer à l’assaut du crime. Si on peut regretter le manque d’insertions étoilées et cartoonesques avec des BOING, SPLASH, BAAAM, on apprécie la moquerie adressée à ces supers-héros du dimanche affublés d’un masque les camouflant assez peu ;) . La jolie blonde de service est.. le cerveau :D . J’accorde aussi un bon point pour Christoph Waltz incarnant un Chudnofsky, cavalier du crime particulièrement déjanté.

Que du bon avec la musique de Billy May à écouter et réécouter sans modération!!! BO à savourer avec ou sans pop-corn.

En conclusion, voilà un bon film de dimanche fin de journée mais n’en attendez pas la réflexion du siècle ou l’émotion d’un Eternal Sunshine, vous seriez déçus. Allez-y avec une envie de vous détendre devant des personnages ridiculement sympathiques.

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