Du jazz à La Villette… Un vrai festival!
Le jazz, c’est ce qui nous permet d’échapper à la vie quotidienne. Stéphane Grappelli
Je serai sans doute pour toujours l’auditrice la moins sage des publics de jazz. Difficile pour moi de rester immobile quand retentissent les premières notes… bleues. Mais j’ai toujours une pensée pour les personnes qui se trouvent derrière moi et qui « profitent » du haut de mon corps gigotant. Cela dit ce vendredi soir les gradins tremblaient sous les frappes de pieds marquant le rythme de toutes ces notes.
Le jazz durera aussi longtemps que des gens écouteront cette musique avec leurs pieds au lieu de l’entendre avec les oreilles.
John Philip Sousa
Passionnée par les danses afro-brésiliennes, ce concert ne pouvait que me contenter!! Des percussions, du métissage, des surprises, de la fraîcheur côtoyant la gravité des petites histoires qui font la grande.
Une première partie brillante avec Portico quartet
Les quatre jeunes londoniens arrivent sur scène pour offrir, sans fioriture ni prétention, une musique fraîche aux accents de steel-drum. Du jazz qui pourrait illustrer la meilleure bande dessinée. Une musique aux sonorités aussi parfois mélancoliques voire tragiques qui vous transporte dans un film comme avec le morceau « Steps in the wrong direction », un chemin si souvent empruntable!
Voila quatre hommes qui nous offrent une musique complexe sans paraitre faire d’efforts. Des instruments joués sans a coups, un saxophone chantant des notes si longues et claires que le musicien nous montre toute la maitrise du souffle (continu?)
Un jeu de lumière simple qui les rend étincelants comme de l’or et pour vous mettre en bouche… un peu de musique…
Un entracte après… arrive Ibrahim Maalouf et toute sa compagnie. Et quelle compagnie!!
Ibrahim Maalouf entre en scène accompagné des 10 filles du Batucada Zalindé et du quintet de trompettes Trombamania. On reste dans le brassage culturel et c’est cela qui fera le bonheur du public tout au long de cette soirée. Mais la compagnie ne s’arrête pas là puisque Benjamin Molinaro (Guitare basse), Nenad Gajin (guitare), Franck Woeste (piano et Fender Rhodes), Jérôme Regard (contrebasse), Franck Tortiller (marimba), Thomas Savy (clarinette basse) sont aussi de la partie ainsi que Mathieu Chazarenc et Julien Charlet en alternance à la batterie.
Le premier morceau explose! Le public avec. Les pieds vivent aux sons des cuivres et les coeurs se calent sur les vibrations des Surdo. Magique!
Un festival c’est aussi prendre des risques, les pièces s’enchainent en jouant des ruptures rythmiques emportant avec elles le public dans des scenarii différents (du film noir des années 50 à la musique façon Stars Wars). On aime, mieux on en redemande! A la fin du premier morceau tous quittent la scène, à l’exception du trio Franck Woeste, Yoni Zelnik (contrebasse) et Mathieu Chazarenc. Moment plus intimiste avant le retour de la troupe en alternance.
Mais cette soirée était aussi celle d’une rencontre : celle d’Ibrahim Maalouf à la fameuse trompette aux quarts de tons (fabrication spéciale demandée en premier lieu par son père, musicien lui-même, car elle correspond parfaitement aux variations de la musique orientale) et Dave Douglas, trompettiste américain ayant notamment joué avec Masada, groupe créée, entre autres, par John Zorn, un autre jazzman d’immense talent.

Dave Douglas par Siebe van Ineveld
Durant le concert Ibrahim Maalouf et Dave Douglas ont gardé leur embout mais échangé leur trompette. Douglas nous confiera plus tard, en coulisses que c’était la toute première fois qu’il jouait avec un tel instrument. Pari risqué mais réalisé avec passion. C’est aussi l’imagination de Maalouf à proposer un Batucada qui a confirmé l’envie de Dave Douglas d’être de la partie. Sur scène, les deux hommes échangent, s’écoutent. Leurs silences valent autant que leurs notes jouées. Un moment aérien qui vous emporte. Loin.
Cette soirée était un véritable feu d’artifice musical et culturel qui a même fini par faire sonner le quintet de trompettes comme des cornemuses dans une sorte de melting-pot celtico-moyen-orientalo-brésilien. Splendide bouquet final!!
Et comme le jazz a aussi de l’humour, le maître de cérémonie Maalouf nous a offert un appendice avec Médéric Collignon. Trublion de la musique débarquant avec son mégaphone, il enchaîne un trio avec Dave Douglas et Ibrahim Maalouf. La trompette est à l’honneur.
Merci à mon ami et mentor Alex Dutilh pour me faire partager tous ces moments d’intense bonheur!
PS : A ceux qui pensent encore que le jazz est une musique élitiste, ils devraient avoir la chance de pouvoir entendre Médéric Collignon critiquer, dans les loges, ces livres si théoriques sur la musique qu’ils finissent par en faire oublier l’essentiel : la musique doit être vécue. « Je préfère être à l’aise sur certaines choses plus que vouloir tout connaitre et avancer petit à petit ». Ce soir là, j’ai appris que les jazzmen ont encore un bel avenir, tant qu’il y aura des gens pour frapper des pieds sur leurs mélopées.
Et pour finir en musique… Ibrahim Maalouf et ses musiciens au New Morning
Ibrahim Maalouf – New morning
envoyé par boutiknoar. – Regardez la dernière sélection musicale.
Pour plus d’infos sur le festival, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de la Cité de la musique!

Merci pour cet article qui résume merveilleusement bien la soirée que nous avons passé, Ces mots là décris sont complètement partagés!
Ca fait plusieurs années que je vois cet artiste sur scène, et à chaque fois c’est un énorme bon en avant, je suis époustouflée! De plus, ayant un faible pour la trompette et ses variantes, vous imaginez mon bonheur vendredi soir..
Le Jazz, quand c’est comme ça, ça nous ravive, et nous donne de l’énergie à en revendre ! Personnellement, ça me rend heureuse!
et encore merci pour votre article.. je le partage
Bonjour et merci de votre visite et de ce commentaire aussi enthousiaste! Ce vendredi était en effet magique et je suis heureuse de lire ici les mots d’une autre tout aussi transportée que j’ai pu l’être!
Merci de partager vos émotions et ces quelques mots!
A très bientôt!
Bravo Catherine, bien entendu, bien vu, bien senti. Vivement le prochain !
Oui!!! Vivement le prochain où tu auras bien encore des anecdotes à me raconter
Merci pour ta lecture et ton commentaire Alex!!!
A mardi!!
nous avons ressenti le même enthousiasme, et je ressens encore la vibration sous nos pieds quand la battucada Zalindé jouait avec eux, la musique alors semblait décuplée et toute la salle, l’air ambiant semblaient nous envelopper d’énergie musicale!!!Un vrai bonheur! Une expérience à revivre!
Bonjour Rosy!!
Oui en effet!! Merci de partager votre enthousiasme ici!! Une expérience à revivre c’est vrai!
A très bientôt
Dites moi très chère, y a-t-il un sujet sur lequel vous n’êtes pas diablement douée ?
Je joins immédiatement ce petit webzine à ma blogroll